22 LOGGERSTRAAT, ZAANDAM
2025
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Me as my grandmother with my grandmother as myself
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my grandmother
C-Print on Dibond
180 x 120 cm
2025

Me as my grandmother
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my mother with my mother as my grandmother and my grandmother as my myself
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my grandmother with my grandmother as myself
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my mother with my mother as my grandmother and my grandmother as my myself
C-Print on Dibond
180 x 120 cm
2025

Me as my grandmother with my grandmother as my mother and my mother as myself
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my grandmother
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my mother and my mother as myself
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025

Me as my mother and my mother as myself
C-Print on Dibond
105 x 70 cm
2025
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Les yeux sans visage
Elle est sa mère. Elle, sa grand-mère et cette dernière sa petite fille.
Elles se demandent toutes qui est devenu qui ? Nées d’un même ventre qui se perpétue, à la manière d’une poupée russe emboîtée. Les visages silencieux de l’artiste Noémie Ninot s’interrogent sur la scène à jouer. Elles ne reconnaissent plus leur corps ni leur peau. Ces dernières en quête d’auteur, se regardent entre elles. Où est passée celle que j’étais ? Celle que je deviendrai ? Ou celle que je suis ?
Dans ce réel préfabriqué, où les tapisseries pleurent le passé et les objets n’ont pas bougé, les visages, eux, s’échangent et jouent d’un théâtre de l’intime. La maison se laisse habiter par des étrangères qu’elle ne définit plus. Les voisins que nous sommes en guise de spectateurs ont tiré le rideau, et nous assistons à la pérennité de la banalité. Tels des photogrammes tirés d’un film d’Ingmar Bergman, la série immisce l’étrange dans le néant. Tout est là, figé, où les hasards et les accidents ont disparu. Les protagonistes de l’adresse « Loggerstraat 22, Zaandam » n’arrivent plus à s’échapper, elles sont coincées telles des marionnettes dans leur condition. La morbidité des masques efface leurs voix, elles ne parlent pas, ne crient pas, elles n’ont jamais de dialogues. Ce que nous entendons dans ces images sont leurs gestes mécaniques, la cuillère qui racle une assiette, un pas dans un couloir ou le bruit d’un robinet. Chaque mouvement est marqué par une posture, une affirmation du caractère qu’elles ne peuvent pourtant cacher. L’incarnation des personnages que nous aimons interroge notre moule initial. Celui d’une histoire qui tourne perpétuellement, se répète, comme un scénario où le début et la fin se confondent. Noémie Ninot pétrifie ici par la fiction de sa mère, sa grand-mère, un présent inversé, où le silicone qui coule sur leurs visages interroge leurs identités imbriquées.
Evan Argento
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Ventre à Trois Corps
PLA, wood, fabric, synthetic hair, synthetic lashes
120 x 80 cm
2025
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Née sous le signe des gémeaux,
L’air d’ici vous va bien Mesdames, quand je vous regarde je croirais que
Et puis finalement pas.
Chorégraphie de jour, on s’affaire dans vos appartements, calmement dans
l’épaisseur de la moquette lunaire, sans bruit on se restaure.
En chien de faïence, j’apprends de toi sans te regarder.
La lance féminine qui me traverse dépeint mon paysage,
Le portrait familial qui s’accoude à table, en semi-liberté.
Je t’enrobe,
Je migre dans vos traits mesdames,
L’empreinte urticante de vos plis m’habite,
En déshabillé et par la toile de votre peau je m’inscris en faux pour m’inscrire en vous.
Plus le geste est moindre plus je suis vivante
Suzie Crespin Thirode