La matriphagie est un processus par lequel « la femelle pratique un cannibalisme filial », les juvéniles dévorent leur mère qui « s’auto-liquéfie pour offrir protéines et énergie à sa descendance ». Ce sacrifice ultime se projette dans les interviews et dessins introspectifs de petites filles s’appropriant leurs fantasmes et les juxtaposant à leur image. Cette appropriation féminine inculquée contraste avec la vulnérabilité́ de leur jeune âge. Cette série photographique en cours de réalisation dévoile le rapport de l’enfant avec la mère, le rapport de la mère avec l’enfant, avec le monde et surtout avec elles-mêmes, entre elles. Cette déambulation mentale par le prisme photographique met en avant les difficultés d’apprentissage et les caractéristiques d’un corps difficilement mis en relation avec le discours diminuant de notre société sur le devenir physique de la petite fille.